LMNP en location courte durée : régime, plafonds et avantages
La location meublée courte durée attire de nombreux propriétaires sur le littoral, mais son cadre fiscal a nettement évolué. Le statut de loueur en meublé non professionnel, plus connu sous le sigle LMNP, reste la porte d’entrée la plus courante pour déclarer ces revenus. Depuis la loi dite Le Meur, entrée en vigueur pour les revenus 2025 déclarés en 2026, les règles applicables aux meublés de tourisme ont changé. Cet article fait le point sur le statut, les régimes d’imposition, l’amortissement et les seuils à connaître, sans conseil personnalisé ni promesse de rendement.
Le statut LMNP en quelques mots
Le LMNP désigne un particulier qui loue un logement meublé et dont les recettes tirées de cette activité restent en dessous de certains seuils, ou représentent moins de la moitié de ses revenus. Les loyers perçus ne relèvent pas des revenus fonciers mais de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, les BIC. Cette qualification a des conséquences directes sur le mode de calcul de l’impôt.
Le meublé doit répondre à une exigence d’équipement minimal permettant au locataire d’y vivre normalement. La location courte durée, souvent qualifiée de meublé de tourisme quand elle s’adresse à une clientèle de passage, entre dans ce cadre, avec des règles fiscales spécifiques qui se sont durcies récemment.
Micro-BIC ou régime réel : deux logiques

Un loueur en LMNP a le choix entre deux régimes d’imposition, dont la logique diffère fortement.
Le régime micro-BIC
Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire sur les recettes, censé couvrir l’ensemble des charges. Aucune charge réelle ne peut être déduite en plus. Depuis la loi Le Meur, les taux et plafonds des meublés de tourisme sont les suivants :
- Meublé de tourisme non classé : abattement de 30 pour cent, dans la limite de 15 000 euros de recettes annuelles.
- Meublé de tourisme classé : abattement de 50 pour cent, avec un plafond de l’ordre de 77 700 euros, ce seuil étant réévalué périodiquement.
Au-delà de ces plafonds, le passage au régime réel devient obligatoire. Ce durcissement a réduit l’avantage historique du micro pour les meublés non classés, dont l’abattement était auparavant plus généreux.
Le régime réel
Le régime réel permet de déduire les charges effectivement supportées : intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurance, frais de gestion, honoraires de conciergerie, travaux d’entretien et charges de copropriété. Il ouvre surtout la possibilité de pratiquer l’amortissement du bien et du mobilier. Il suppose en contrepartie une comptabilité plus exigeante, souvent confiée à un expert-comptable.
L’amortissement, mécanisme clé du régime réel

L’amortissement consiste à constater comptablement la perte de valeur du bien et de son mobilier dans le temps, et à la déduire chaque année du résultat imposable. Le terrain n’est pas amortissable, mais la construction, les aménagements et le mobilier le sont, sur des durées d’usage variables.
Concrètement, cet amortissement vient en déduction après les autres charges, ce qui peut réduire fortement, voire annuler, le bénéfice imposable pendant plusieurs années. Les amortissements qui ne peuvent pas être déduits une année ne sont pas perdus : ils sont reportables. C’est ce mécanisme qui explique l’intérêt fréquent du régime réel pour les investisseurs, dès lors que les charges et l’amortissement dépassent l’abattement du micro. Chaque situation devant être chiffrée précisément, une simulation comparative est recommandée avant de choisir.
Cotisations sociales et bascule vers le statut LMP
La location courte durée déclenche des règles sociales particulières. Lorsque les recettes annuelles issues de la location de courte durée dépassent 23 000 euros, le loueur peut être redevable de cotisations sociales, gérées par l’Urssaf ou le régime des indépendants, et non plus des seuls prélèvements sociaux. Le classement du meublé en meublé de tourisme peut assouplir ce traitement sous certaines conditions.
Le seuil de 23 000 euros joue aussi un rôle dans la distinction entre statut non professionnel et professionnel. Le statut de loueur en meublé professionnel, le LMP, s’applique lorsque deux conditions sont réunies en même temps : des recettes annuelles supérieures à 23 000 euros et des recettes qui dépassent les autres revenus d’activité du foyer. Le passage en LMP modifie le régime social, le traitement des déficits et la fiscalité des plus-values de cession. Ces effets étant significatifs, ils justifient l’avis d’un professionnel.
Quel intérêt en courte durée
En location courte durée, le choix du régime dépend surtout du niveau de charges réelles et de la présence d’un emprunt. Un logement acheté à crédit, avec des intérêts et des frais de conciergerie élevés, se prête souvent à une comparaison sérieuse en faveur du régime réel, grâce à l’amortissement. À l’inverse, un bien détenu sans dette et à faibles charges peut trouver un intérêt au micro tant que les plafonds ne sont pas franchis.
Le classement en meublé de tourisme mérite d’être étudié : il ouvre un abattement plus favorable au micro et peut assouplir certaines règles, en contrepartie d’une démarche et de critères de confort à respecter. Aucune de ces options ne constitue une recommandation générale : seule une analyse chiffrée de la situation personnelle permet de trancher.
Quiz : LMNP et fiscalité
Cochez la reponse de votre choix, la correction s’affiche aussitot.
1. En micro-BIC, quel abattement s’applique à un meublé de tourisme non classé ?
Exact, 30 % depuis la loi Le Meur, avec un plafond de 15 000 euros.Non, c’est 30 % pour le non classé (plafond 15 000 euros).
2. Quel abattement micro-BIC pour un meublé de tourisme classé ?
Oui, 50 % pour le classé, avec un plafond de 77 700 euros.Non, le meublé classé donne droit à 50 % (plafond 77 700 euros).
3. Que permet notamment de déduire le régime réel ?
Exact, le réel autorise l’amortissement, souvent plus avantageux.Non, le régime réel permet de déduire l’amortissement du bien.
Questions fréquentes
Le statut LMNP a-t-il disparu avec la loi Le Meur ?
Non. Le statut LMNP existe toujours. La loi Le Meur a surtout modifié les abattements et plafonds du micro-BIC pour les meublés de tourisme, ainsi que certaines règles de plus-value, mais elle n’a pas supprimé le régime.
Peut-on changer de régime d’une année sur l’autre ?
Le passage au réel résulte d’une option, avec des délais à respecter, et devient obligatoire au-delà des plafonds du micro. Il est reconductible. Un changement demande d’anticiper les échéances déclaratives, d’où l’intérêt d’un accompagnement comptable.
L’amortissement crée-t-il un déficit reportable sans limite ?
L’amortissement ne peut pas créer ni aggraver un déficit fiscal : sa fraction excédentaire est reportée sur les années suivantes, sans limite de durée. Les déficits éventuels, eux, obéissent à des règles distinctes selon le statut.
Faut-il obligatoirement un expert-comptable au régime réel ?
Ce n’est pas une obligation légale absolue, mais la tenue d’une comptabilité BIC et le calcul des amortissements sont techniques. Le recours à un professionnel est très fréquent et sécurise la déclaration.